Quelle responsabilité des collectivités locales dans la dégradation du déficit public ?
Dans son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques de juin 2025, la Cour des comptes pointe « une incapacité à contenir la dépense publique en 2024 », « essentiellement imputable au dynamisme de la dépense des administrations locales […] et davantage encore à celle des administrations de sécurité sociale ».
Le solde public des seules collectivités locales (qui avec les organismes divers d’administration locale – ODAL – constituent les APUL) s’est dégradé entre 2023 et 2024 (-6,4 Md€), passant de -5,0 à -11,4 Md€, contribuant pour près de 38% à l’augmentation du déficit public de l’ensemble des administrations publiques (-16,9 Md€) qui s’élève à -168,6 Md€ en 2024.
Pour autant, en 2024 le déficit des collectivités locales représente 0,2% du PIB quand celui de l’État s’élève à 5,2%, pour un déficit public total de 5,8%.
De plus, la lecture de l’évolution des soldes publics depuis 2017 apporte un autre éclairage sur la dégradation des finances publiques et la contribution de chaque sous-secteur. Lorsque l’on compare la période 2017-2019 à celle de 2022-2024 (donc hors années Covid), on constate que le solde public moyen est passé de -2,7% à -5,3% du PIB, avec pour l’État un déficit qui augmente de 2,5 points (de -2,9% à -5,4%) quand celui des collectivités locales passe de +0,1% à -0,2%.
La dégradation des finances publiques n’est-elle pas davantage la conséquence des difficultés que rencontre l’État à retrouver un déficit proche de celui qu’il a connu avant la crise Covid ? Dans un document de travail daté du 11 juillet 2025, l’OFCE montre que la dégradation du déficit public s’explique principalement par la diminution du poids des prélèvements obligatoires rapporté au PIB.
Cette question sera développée lors de notre grand séminaire annuel consacré au décryptage du Projet de Loi de Finances 2026 le jeudi 6 novembre 2025.
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